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L'histoire du Maroc

Les Alaouites : entre Afrique et Europe (XVIIe – Xxe S.)

histoire-du-maroc-infos-tourisme-maroc, tourisme maroc A partir du XVIIe s., le Maroc entre réellement dans une nouvelle phase de son histoire.
Dès cette époque, avec l’installation des Portugais dans les ports, de conquérant qu’il était, le Maroc se tient maintenant sur la défensive.
Les Portugais ne cherchaient pourtant que des points d’appui à leur commerce. Au XVIIe et au XIX s., l’Europe de la révolution industrielle établit sa domination. Le Maroc vit désormais au rythme de l’histoire européenne.

1666-1912. la réunification et le renouveau du Maroc sont l’œuvre de la dynastie, toujours régnante, des Alaouites. Chorfa, descendants d’Ali (d’où leur nom d’Alaouites) installés dans le Tafilalet, dans le S. du Maroc, ils soumettent d’abord toutes les principautés locales et prennent le contrôle des axes sahariens, puis de Fès et de Marrakech. Moulay Ismaïl, depuis sa capitale, Meknès, qu’il enrichit de nombreux palais, consolidé de pouvoir central pendant son long règne, de 1672 à 1727 : il crée une armée permanente, dresse camps et forteresses à travers tout le pays, mène à l’extérieur une politique active contre les turcs et s’impose en Mauritanie et dans le Toouat saharien. Avec la France et l’Angleterre, maintes ambassades règlent des problèmes commerciaux et de captifs. Après sa mort, l’histoire du XVIIe s. est scandée par des crises militaires, économiques, démographiques, par la résistance religieuse des zaouïas (-p.484) et des confréries (-p.474), une histoire traversée cependant par des périodes de calme o ! se développe l’activité des ports, dont Essaouira, fondé en 1765 en liaison avec des commerçants européens. L’impérialisme européen marqué l’histoire du XIXe s. : Le Maroc garde son indépendance, mais, outre la défaite de son armée face à la France, présente en Algérie (1844), il doit accepter la pénétration économique de la France, de l’Espagne et de l’Angleterre par des traités qui lui enlèvent l’essentiel de ses prérogatives financières et, au début du XXe s., l’occupation de Casablanca (1907) par la France et du Rif par l’Espagne. Assiégé dans Fès par des tribus insurgées, le souverain Moulay et Hafid appelle à son secours les troupes françaises (1911) et signe le traité du Protectorat (1912) avant de démissionner, laissant le pouvoir à son frère Moulay Youssef. L’Espagne occupe le N. du Maroc, la France la majeure partie du pays. Tanger est déclarée zone internationale.

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1912-1956. Nommé premier résident général, le général lyautey choisit Rabat comme capitale. S’il défend le respect des prérogatives du sultan et de son gouvernement (le Makhzen), ses successeurs s’orientent de plus en plus vers une administration directe. Infrastructures routières, ferroviaires, portuaires, exploitations minières, grandes entreprises industrielles et agricoles donnent au Maroc un visage nouveau, qui profite surtout au pays protecteur et à une petite minorité. Le Protectorat signifie aussi, jusqu’aux années 1930, la guerre pour s’imposer dans tout le pays ou pour faire face à la révolte du Rif (1921 ; - encadré p.156). cet encore, dès 1930, après que la France a tenté d’opposer Arabes et berbères, l’affirmation d’un sentiment nationaliste, surtout parmi la jeunesse intellectuelle de Fès, formée au idéaux de la France ou influencée par l’Orient. La volonté d’indépendance se fait plus nette à partir de 1943 – 1944. Lors de la conférence d’Anfa (-encadré p.212), qui, en janvier 1943, réunit les alliés dans ce quartier de Casablanca, Roosevelt, président des Etats-Unis, apporte, dans une entrevue avec le sultan Mohammed Ben Youssef, son soutien au nationalisme marocain. Le manifeste pour l’indépendance lancé par le parti de l’Istiqlal (dont le nom signifie « indépendance ») en janvier 1944 constitue une nouvelle avancée dans la lutte contre le Protectorat, lutte reprise à son compte par le sultan dans son discours de Tanger en 1947. Un complot fomenté par de hauts fonctionnaire du Protectorat et par de grands notables marocains, caïds, pachas, chefs de confrérie, avec à leur tête le pacha de Marrakech El Glaui, aboutit en Août 1953 à la déposition du sultan, à son départ en exil en Corse, puis à Madagascar, et à son remplacement par son cousin Mohammed Ben Arafa. Après de longs mois de lutte, de manifestations, d’attentats, dont certains contre le sultan, la France remet le souverain exilé sur le trône (novembre 1955). L’indépendance est acquise le 2 Mars 1956.

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De 1956 à nos jours. Succédant à son père décédé en 1961, le roi Hassan II dote son pays d’une constitution et du multipartisme dans le souci toujours affirmé de créer un Etat moderne, présent sur la scène internationale, maghrébine et africaine. Sa volonté de restaurer l’intégrité du territoire est marquée par la « Marche verte » (1975) vers le Sahara occidental et le développement économique de ses régions méridionales. A l’égard de l’Europe, il souhaite une collaboration de plus en plus étroite de part et d’autre de la méditerranée le 16 Septembre 1975, la cour internationale de la Haye reconnaît les liens unissant certaines tribus du Sahara occidental du Maroc. Hassan II réunit 350000 volontaires, dont 35000 femmes, qui, le 6 novembre 1975, franchissent la frontière. Les troupes espagnoles se retirent. Le Maroc doit faire face aux attaques du Polisario, mouvement sahraoui soutenu par l’Algérie. Un référendum, sans cesse reporté pour cause de litige sur la définition du corps électoral, devrait, sous l’égide de l’ONU, régler le problème du Sahara occidental.

Le 23 juillet 1999, le roi Hassan II meurt à l’âge de 70 ans, après 38 ans de règne où il a su surmonter crises et attentats, et esquisser, avec un gouvernement d’alternance, un régime de monarchie constitutionnelle. Son fils aîné, Mohammed VI, monte sur le trône à l'âge de 35 ans. Le nouveau monarque est alors peu connu, on le dit cependant sensible aux problèmes sociaux et soucieux de faire bouger les mentalités. Quelques gestes laissent entrevoir une volonté de changement : l’éviction de Driss Basri, ministre de l’intérieur qui semblait inamovible ; les indemnisations versées aux prisonniers politiques détenus en secret pendant près de 30 ans ; la création, en 2004, de l’instance « equité et réconciliation », chargée d’entendre les victimes des années de plomb » et de faire des propositions pour l’avenir.

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Au lendemain des attentats suicide de Casablanca qui firent 45 morts, le 16 mai 2003, le roi annonçait « la fin de l’ère du laxisme », sa volonté de lutter contre toute « opposition systématique ». Des élections en 2002 et 2003 ont montré la force des islamistes modérés et la perte d’influence des partis traditionnels. Le roi n’hésite pas cependant à modifier profondément le statut de la femme, répondant à la volonté de changement, très active dans la société civile (en 2005, ce statut reste peu appliqué, du fait du poids des traditions et des réticences des magistrats).

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